Vampire et littérature

Posté le 11 mai 2009 @ 16 h 24 min par Angie

Suite aux commentaires sur Twilight sur mon blog, j’ai décidé de vous pondre un sujet concernant le vampire. En effet, si Stéphanie Meyer l’a dépoussiéré, elle semble aussi avoir dénaturé ce personnage, pourtant si culte.

Retour sur les fondements du vampirisme et la place du vampire dans la littérature…

Origines

Les origines de ce personnage restent floues. Il aurait été popularisé au début du XVIIIe siècle. Le mot « vampire » apparaît d’ailleurs pour la 1ère fois en 1725. Un rapport présentait l’exhumation de Peter Plogojowitz, un paysan serbe.

Sa présence dans les folklores locaux est fortement imprégnée en Europe orientale, particulièrement dans les Balkans. Dans ces traditions, le vampire était un revenant en linceul, symbole de sa mort. Il visitait son aimée et semait la mort et la désolation. Malgré son origine funeste, le vampire était donc déjà un personnage romantique, dans le sens où il revenait pour quelqu’un qu’il chérissait

Cependant, les traces de ce personnage sont nombreuses. On le retrouve donc dans des traditions mythologiques anciennes. Ainsi, des êtres affublés de ses caractéristiques sont foison. Au XIIe siècle en Angleterre, les vampires étaient censés être si nombreux qu’ils étaient brûlés pour calmer la passion populaire.

Le vampire est donc un être chimérique qui a hanté les esprit depuis fort longtemps. Dans le folklore, il vit la nuit, et sort du tombeau pour s’abreuver de sang.

On lui prête souvent un côté un peu bourgeois, aristocratique. Nombre de vampires sont en effet des dandys. Cela proviendrait d’une figure historique célèbre : la comtesse Elizabeth Báthory. Celle-ci a vécut au XVIe – XVIIe siècle. Elle aurait tué entre 100 et 600 jeunes filles. La raison ? Se baigner dans leur sang afin de conserver la jeunesse éternelle.

Littérature

Frissons, séduction… Le vampire avait tout pour séduire et effrayer les foules. Ainsi il est devenu aujourd’hui un classique de la littérature.

Ce thème a inspiré les poètes et écrivains depuis 1748. Heinrich Augustin von Ossenfelder par exemple a écrit « Der Vampyr ». En 1797, Goethe, dans la Fiancée de Corinthe, aborde sous forme de métaphore l’état non mort d’une jeune femme. Celle-ci se nourrissant de… sang.

Le vampire tel que nous le connaissons serait en effet apparu en 1819, suite à la publication d’un livre : The Vampyre de John Polidori. Un roman qui a remporté un vif succès. Avec sa publication, le thème du vampirisme devient alors incontournable. De nombreux auteurs s’y sont essayés. Parmi eux, nous pouvons citer : Théophile Gautier, Hoffman, Tolstoï, etc…

En 1872, Sheridan Le Fanu a publié Carmilla. Il y présente le vampire comme une victime de son propre état. Ainsi, le personnage a gagné en profondeur et sans doute aussi en charisme.

Enfin, un monument de ce genre de littérature a vu le jour : Dracula de Bram Stoker (1897). L’image qu’il a dépeint du vampire est encore aujourd’hui citée comme référence.

Le personnage principal de ce livre, même s’il est fictif, a été inspiré d’un personnage pour le moins réel. Il s’agit du prince de Valachie : Vlad III Basarab, dit Ţepeş (l’empaleur) ou encore Drăculea (XVe siècle). Cependant, il ne garderait que peu des spécificités originelles de la figure du vampire mais les nombreuses reprises littéraires et cinématographiques ont fini par en faire un personnage de la culture populaire mondiale.

Une seconde jeunesse fut accordé à Dracula et ses pairs sous la plume d’Anne Rice. En effet, cet auteur a écrit de nombreux ouvrages sur ces personnages. Ses Chroniques des vampires ont débutées en 1976 avec l’opus « Entretien avec un vampire ». Dans cette série, Anne Rice donne une interprétation originale des origines des vampires (voir « Lestat le vampire »).

Enfin dernière tentative de dépoussiérage si je puis dire : l’œuvre de Stéphanie Meyer. Le personnage se veut toujours séduisant et charismatique, mais a perdu de son attrait. Les vampires vivent en effet parmi les humains. Ils mènent une vie normale et se nourrissent uniquement de sang animal. Difficile de voir cette évolution comme crédible pour les fans du genre. Qu’en pensez-vous ?

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6 Commentaires

  1. Vladkergan
    11 mai 2009 à 22:15

    Sympathique petit résumé des choses.

    Pour ceux qui voudraient creuser le sujet plsu en avant, je en saurais que trop conseille la lecture du Découverte Gallimard Sang pour sang le réveil des vampires, écrit par Jean Marigny, l’un des plus grands spécialistes du sujet.

    Et pour creuser le sujet vampire en littérature et au cinéma : http://blog.vampirisme.com/vampire/

  2. Angie
    21 mai 2009 à 17:42

    Ah merci à toi pour cette référence, je le lirai peut-être !

  3. Kate
    25 mai 2009 à 05:39

    C’est que les vampires de Meyer ne sont pas vampires (si on ne parle pas des méchants). Ils sont  »dark » mais pas plus. Même encore là, j’ai déjà vu plus dark justement. Elle fait les personnages vampires mais version raconté aux enfants pour faire cute. Je m’excuse, mais qu’elle aille se faire ******! Les vampires sont des personnages dans la section fantastique et horreur. Pas ado. J’ai hâte de voir un nouveau Anne Rice ou à la limite un Nosferatu des temps moderne.

    Désolé pour les fan girls de Twilight.
    Si vous êtes choqué, c’est que la vérité choque.

  4. Angie
    9 juin 2009 à 10:22

    @Kate : Merci pour ta réponse. Malheureusement, les fans de Twilight ne partageront jamais ta vision des choses ! Et maintenant que la brèche est ouverte, et que ce nouveau genre de vampires fait vendre, d’autres ouvrages verront le jour. Je ne pense pas que l’effet de mode s’essoufflera de lui même !

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